La Petite Enfance dans l’Histoire : le Moyen-Âge

La Petite Enfance dans l’Histoire le Moyen-Âge

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Nous faisons un bon en avant dans le temps et quittons l’Antiquité pour découvrir comment le jeune enfant était accueilli et soigné durant le Moyen-Âge, période qui s’écoule du Vème au XVème siècle. Si, une fois encore peu de choses sont parvenues jusqu’à nous, de nombreuses pistes semblent expliquer pourquoi le regard de la société sur la petite enfance a autant évolué par rapport à l’Antiquité.

D’une enfance sans valeur à une enfance sacralisée

Globalement, deux hypothèses viennent se positionner en tête des explications concernant ce changement de regard des populations envers leur nouveau-nés.
Premièrement, les invasions germaniques sur le peuple romain, pourtant considérées comme barbares par ces derniers, sont à l’origine d’une transposition de leurs mœurs sur celles des populations vaincues. L’amour et le respect de l’enfant, vu comme un être important, ont donc pris place sur la réputation d’animal non éduqué que les romains avaient pour habitude d’attribuer à leurs tout-petits.
Ensuite, puisque le catholicisme s’était propagé pour devenir la religion principale de toutes ces populations, les iconographies religieuses ont pu jouer un rôle important sur l’image que la société avait de l’enfant. Car en effet, la Vierge Marie fut essentiellement représentée en tenant dans ses bras l’enfant Jésus, don de Dieu, encore nourrisson. De ce fait, les gens ont pris conscience du caractère sacré qu’un jeune enfant pouvait revêtir.
C’est ainsi que les pratiques romaines d’abandon et d’infanticides furent interdites et condamnées. Les rares familles qui abandonnaient leur enfant, bien souvent aux portes d’une église, le faisaient bien souvent avec chagrin et dans l’espoir que le nouveau-né aura une vie meilleure. Par ailleurs, selon l’historienne Shulamith Shahar, spécialisée sur les questions familiales au Moyen-Âge, les familles avaient un profond attachement pour leur progéniture et se donnaient pleinement les moyens de veiller à ce que le jeune enfant ne manque de rien. Leurs pratiques étaient, selon elle, bien moins rudes et cruelles que celles des époques suivantes.

Prendre soin d’un jeune enfant au Moyen-Âge

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A cette époque, le taux de mortalité infantile est affolant : 45% des enfants mourraient avant 20 ans, un enfant sur trois avant ses cinq ans. A titre d’exemple, Anne de Bretagne, qui fut Reine de France en 1492, mettra au monde sept enfants en seulement six années – le devoir d’une Reine était d’assurer une dynastie à tout prix ! – mais aucun d’entre eux ne survivra et le plus vieux décèdera à seulement 3 ans de la rougeole. La pauvre femme en perdit presque la raison. Mais de nombreux éléments pouvaient expliquer une telle mortalité. Les enfants n’étant pas nourris au lait maternel, ils souffraient de carences immunitaires graves. Pour les familles plus modestes que la famille royale, il faut également évoquer que la nourriture y était beaucoup plus insuffisante, renforçant ainsi la difficulté de nourrir convenablement son enfant.
Et pourtant de grandes précautions étaient apportées sitôt le bébé venu au monde. Dès son premier cri, il était immédiatement lavé, emmailloté de la tête aux pieds et presque aussitôt baptisé. La maman (ou la nourrice) veillait ensuite les premiers jours à ce que le nourrisson soit placé dans une pièce sombre, dans laquelle on laissait entrer progressivement la lumière afin de permettre au tout petit de vivre une transition en douceur entre l’utérus maternel et le monde extérieur. Très régulièrement, on lui prodiguait des bains chauds, des massages et on lui chantait des berceuses.
Durant les trois premières années de sa vie, le bébé était nourri au sein. Chez les familles aisées, c’était une nourrice qui héritait de cette tâche. Elle devait impérativement ressembler à la maman, autant de corps que d’esprit, car on était convaincu que de cette façon le nouveau-né hériterait davantage des traits de cette dernière. Sa nourricière devait en outre être d’humeur extrêmement joyeuse afin que son protégé puisse grandir et développer un caractère doux et aimant. Lorsque l’allaitement au sein (qui pouvait se faire en tout lieu et à tout moment sans heurter qui que ce soit) n’était pas possible, il était remplacé par un biberon de lait de chèvre, de brebis ou d’ânesse, fabriqué à l’aide d’une corne de vache percée. Mais les étouffements étaient nombreux, il faut le souligner.
Par la suite, on forçait l’enfant à se sevrer en ajoutant des saveurs amères sur le sein afin de provoquer son dégoût. Une fois que ses premières dents apparaissaient, on le nourrissait à partir de bouillies de lait (de vache, qui était alors autorisé car plus facile à digérer pour le bébé) mélangé à du miel, du pain, des miettes de gâteau voire du vin pour les familles les plus riches. Progressivement, ces bouillies faisaient place à des aliments hachés ou prémâchés par un adulte. Les premières viandes qui lui étaient données provenaient exclusivement de jeunes animaux (poussins, lapereaux, veaux...).
En revanche et contrairement à aujourd’hui, plus un enfant était gros, plus on pensait qu’il était en bonne santé.

Première éducation

Le tout petit recevait sa première éducation dès l’âge de trois. Car pour l’époque, il était de notoriété publique que l’enfant Jésus fit preuve d’un « esprit de science » dès cet âge. Cet également à 3 ans que le célèbre Lancelot aurait commencé à recevoir les enseignements d’un précepteur. De ce fait, les gens étaient convaincus de l’importance du cap de la troisième année de vie. L’enfant commençait alors à être éduqué à la parole, à la maîtrise de son corps et de sa motricité (marcher, courir...) et à utiliser des objets.
Des jouets étaient mis à sa disposition : poupées, dînette, chevaux de bois, instruments de musique, déguisements et même un trotteur !
On commençait également à lui enseigner les bonnes manières et l’art de se conduire en société. L’éducation religieuse prenait également place progressivement et c’est grâce à Charlemagne, au IXème siècle, que l’enseignement devint gratuit et obligatoire dans toutes les villes et villages du pays. Les enfants pouvaient ainsi apprendre à écrire, lire, compter et chanter. Si l’Empereur n’est certes pas l’inventeur de l’école, il est néanmoins celui qui détermina les premiers contours de l’instruction publique en France.


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