Chronique - L’école autour du monde : Les USA

Chronique - L’école autour du monde Les USA

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Après avoir découvert ensemble la scolarité au Japon, en Inde, en Russie, au Mexique, en Norvège et enfin en Nouvelle-Zélande, je vous emmène sur le continent Nord-Américain. Là où le système métrique ne fait pas partie du programme scolaire, puisque les États-Unis d’Amérique sont l’un des rares pays industrialisés à avoir leur propre système de métrification, le United States Customary Units (ou l’American System). Mais rassurez-vous, nous n’irons pas plus loin que cette information concernant le sujet.

Bénévolat, âge minimum, lutte contre la pauvreté, uniformes, marketing éducatif... nous allons faire le tour des grandes différences avec notre système scolaire.

Pas de gratuité avant 5 ans

Si nos enfants sont essentiellement envoyés sur les bancs de la maternelle dès l’âge de 3 ans, voire de 2 ans et demi, les petits américains doivent attendre l’année de leurs 5 ans (et encore, leur anniversaire doit avoir lieu avant le 1er septembre sans quoi ils devront patienter un an de plus) pour entrer à la kindergarten, qui est donc la première marche du système scolaire public et, de ce fait, gratuite. Si d’aventure les parents, pour des raisons pratiques, souhaitent envoyer leur progéniture en pre-K (soit l’équivalent de la crèche chez nous), ils devront s’acquitter de frais réputés pour être élevés. Étant donné le fort taux de pauvreté systémique, le gouvernement a instauré un programme nommé le « Head Start Act ».

Le Head Start Act, qu’est-ce que c’est ?

Créé en 1965 et entièrement repensé sur des principes d’égalité et de discrimination positive en 1981, le Head Start Act est un programme d’éducation complet dédié à la petite enfance. Strictement réservé aux familles disposant de faibles revenus, les enfants reçoivent une éducation similaire à celle prodiguée en pre-K : apprentissage du langage, activités d’éveil, notions de partage et de bienveillance, développement de la psychomotricité... Le matériel pédagogique et de puériculture est pris en charge, ainsi que les repas. Le Head Start représente à lui seul pas loin de 212.000 emplois, plus d’un million de bénévoles et s’est occupé de près de 22 millions d’enfants depuis plus de 10 ans. Grâce à cela, ces derniers sont mieux armés pour faire leur entrée à l’école et leurs parents bénéficient d’une aide de garde pour pouvoir conserver ou retrouver un emploi, sans frais supplémentaires.

Une journée type

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Comme expliqué plus haut, le kindergarten est l’équivalent chez nous de la grande section. Cela ne dure que le temps d’une année, comme en France. Ainsi, c’est le « First Grade » qui marque le lancement d’une scolarité obligatoire jusqu’au 12th (douzième) Grade, soit la Terminale. Chaque jour, les enfants vont et viennent par le « school bus », ces célèbres autocars jaunes uniquement dédiés à cette fonction. Les classes se déroulent du lundi au vendredi, de 8h30 à 15h30. L’école publique aux États-Unis est synonyme de port de l’uniforme. Tenue complète, ou simple sweatshirt arborant une couleur précise en fonction du Grade. Ils représentent systématiquement l’écusson et de la devise de l’établissement. Une fois la première sonnerie matinale retentie, les cours débutent par le « Homeroom » au cours duquel l’appel est effectué et où est récité le « Pledge of Allegiance » par les enfants, main sur le cœur et face au drapeau américain.
Viennent ensuite les heures de classe, avec l’enseignement de matières générales : anglais, mathématiques, sciences-sociales, histoire et géographie (nationale et politique), biologie, sport et anglais.
L’heure du repas laisse aux élèves deux choix : le restaurant scolaire ou la « lunch box ». Ces derniers optent très souvent pour la seconde. En effet, les écoles publiques américaines sont en majorité sponsorisées par les marques. De ce fait, les cantines sont inondées de sauces sucrées, boissons gazeuses, plats préparés... Ce qui pousse davantage de parents soucieux à procurer une boîte repas aux valeurs nutritionnelles plus sélectives. La présence de ces sponsors explique en majeure partie les carences culturelles notables chez les américains...

Quand éducation rime avec consommation

En effet les manuels scolaires sont ponctués de publicités. Les États organisent même leur programme éducatif en fonction de la mise en avant de tel ou tel sponsor, suivant l’importance de son financement. Les matières obligatoires sont élaborées à partir de logos de marques, de mascottes ou des études de cas de consommation. Les écoles publiques américaines brassent plus de 750 millions de dollars chaque année uniquement par le biais de la pub. A partir de la Junior High School, correspondant au collège chez nous, les élèves se voient diffuser un journal d’information de dix minutes consacrées à des coupures publicités. Cette pratique est imposée à chaque collégien et appelle à former « les consommateurs de demain ».
Certaines sociétés, comme des chaînes de restauration rapide, organisent des remises de récompenses en cours d’année pour les meilleurs élèves. Ces derniers sont gratifiés de goodies, de médailles, de bons de réduction et d’un produit alimentaire commercialisé par ladite entreprise (pour en savoir plus...).

Cette relation entre l’Éducation et le Marketing partait initialement d’un bon sens, celui de pouvoir offrir à ces enfants une scolarité dans les meilleures conditions possibles.
Heureusement certains élèves et enseignants se refusent à ces pratiques et mettent le cap sur une scolarité plus sérieuse, les poussant à devoir travailler plus dur que leurs petits camarades pour satisfaire leur soif d’apprentissage. D’autres familles, plus aisées, font le choix d’inscrire leurs enfants en école privée, qu’elle soit religieuse ou laïque.

Si nous avons à cœur de dire que la plus belle richesse de chaque pays, c’est sa jeunesse, les États-Unis eux, l’ont un peu trop bien compris.


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