L’école autour du monde : La Norvège

L’école autour du monde La Norvège

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Je pense qu’après cet article vous serez nombreuses et nombreux à préparer vos bagages pour partir vivre en Norvège, rien que pour son système scolaire.
Zoom sur un pays où l’éducation ne rime pas avec « rigueur » mais plutôt « bonheur » !






Un système inédit

Avec une rentrée qui a lieu tous les ans à la mi-août, pour le déroulement d’une année scolaire jusqu’à la mi-juin, la Norvège fait également partie de ces nations où les jours d’école se terminent relativement tôt (15h00). Pas de cantine, dans aucun établissement du pays, mais le matpakke (signifiant « nourriture emballée ») et faisant office de repas lors de la pause. La scolarité y est obligatoire et chaque établissement est public ! En effet, les écoles privées n’ont rien à voir avec celles qui se trouvent en France. Elles ont pour seul et unique but de proposer des enseignements « complémentaires » que les élèves ne trouveront pas dans le programme de l’éducation nationale. Leurs sont proposés également les premières bases d’une formation professionnalisante.

Le barnehage

Ou comme chez nous, l’école maternelle. Développée dans les années 70 par le gouvernement norvégien, le barnehage est facultatif pour les tous petits (de 1 à 5 ans). En revanche, chaque ville recevant la demande d’une famille pour y inscrire son enfant est soumise à une obligation de réponse favorable, devant alors s’organiser coûte que coûte pour lui trouver une place.
Cette classe se déroule majoritairement dehors, toute la journée, repas compris. Même en hiver ! Les enfants se voient proposer des jeux d’éveil, de découverte, de développement cognitif. Les activités sont élaborées afin de leur apprendre dès le début à être sociables, travailler en équipe, résoudre les conflits eux-mêmes et par le dialogue ainsi que la découverte de la nature. Passé 15 heures, le barnehage laisse place au skolefritids-ordning, une garderie pour que les parents puissent y laisser leur bambins le temps de terminer leur journée de travail.

Barneskole et ungdomskole

La scolarité d’un élève, obligatoire de 6 à 16 ans, ne s’achèvera pas par un examen tel qu’un baccalauréat. Sur ce point, la Norvège a élaboré un système d’évaluation annuel. En conséquence, dès la première année, chaque enfant aura une épreuve qui ne portera que sur la matière principale abordée au cours de l’année. Cet examen n’a pour but que de déterminer le niveau de l’élève, le redoublement n’existant pas chez nos amis nordiques. Pas de système de notation non plus, mais une évaluation commentée et rédigée régulièrement à l’attention des parents.
A partir de ses 17 ans, l’élève a donc le choix de se diriger vers une filière d’enseignement supérieur général (scientifique, littéraire, artistique ou sportif) ou bien professionnelle, s’échelonnant quant à elle sur deux années et proposant les filières suivantes : bâtiment, design et travaux manuels, artisanales, agricoles, sanitaires et sociales, de restauration ou de communication. Néanmoins, l’étudiant ayant terminé son cursus professionnel a encore la possibilité de suivre une dernière année optionnelle afin de se réorienter vers un accès à l’enseignement supérieur.

Une optique de liens sociaux

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Le système éducatif de Norvège se base sur un objectif de socialisation des enfants et cela dès leur plus jeune âge. Les professeurs, toutes classes confondues, ont pour mission de ne faire aucune distinction entre le milieu social, culturel, le sexe ou la personnalité de leurs étudiants. Et cela dès le barnehage. De plus, contrairement (à titre d’exemple) aux élèves japonais, les jeunes norvégiens sont invités à appeler leurs enseignants par leurs prénoms, les tutoyer et être tutoyés. Y compris à l’université. De ce système éducatif, basé sur le respect, l’épanouissement social (et salué à travers le monde) découle un lien naturel entre professeur et enfant/adolescent qui laisse place à une autorité fluide et naturelle la plupart du temps.
Parce les inégalités n’ont pas de place dans les établissements scolaires de ce pays, il existe des cursus spécifiquement adaptés pour les élèves étrangers ou souffrant d’un handicap. Enfin, dans le but de renforcer les liens de confiance, les classes ne doivent en aucun cas excéder le nombre de 30 élèves, qui sont en moyenne une quinzaine grâce à une organisation fluide.
Les travaux organisés en cours sont très rarement individuels, encore une fois et comme il en est dès la maternelle, ce sont les activités groupées qui sont privilégiées. Cependant, certains parents déplorent, exception faite de l’anglais, du niveau global de l’enseignement en fin de cursus obligatoire. Les enfants ayant été habitués à travailler collectivement, ne sont pas familiarisés avec le travail personnel : la rédaction, la documentation, l’initiative individuelle. Ce qui représente parfois une certaine difficulté pour ceux qui entameront des études supérieures, davantage pour ceux qui souhaiteront faire une première année à l’étranger.

Un système scolaire dans l’air du temps

Les étudiants et professeurs scandinaves bénéficient tous d’un espace personnel sur un site Internet dédié à la scolarité. Ainsi, cette plateforme est organisée par matières et sous forme d’agenda dans le but de permettre aux enseignants d’y déposer les devoirs à faire pour le lendemain, le programme et des exercices. En retour, les élèves peuvent entrer en contact avec leur professeur via un forum en ligne, privé, permettant à tout le monde d’échanger, une fois encore, de façon collective sur une leçon. Pour les étudiants n’ayant pas de connexion Internet chez eux, des ordinateurs sont mis à leur disposition dans la bibliothèque de leur établissement.

Pour conclure, si nous pouvons nous interroger sur les contraintes qui découlent d’un système scolaire un peu trop basé sur le travail en groupe, nous ne pouvons qu’admettre que la Norvège est un refuge de bonnes idées qui pourraient inspirer bien des pays, notamment en matière de socialisation et de rejet des inégalités sous toutes leurs formes.

En vous remerciant de votre lecture, god dag ! (« Bonne journée »).


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