La Petite Enfance dans l’Histoire : la Révolution Industrielle

La Petite Enfance dans l’Histoire la Révolution Industrielle

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Bonjour chers lecteurs ! Je suis ravie de vous retrouver pour cet avant dernier épisode de notre chronique « La petite enfance dans l’Histoire ». Pour celles et ceux qui ont suivi nos précédentes publications, vous savez déjà que nous allons aborder ensemble l’une des époques les plus cruelles dans l’histoire de l’Enfance : la Révolution Industrielle.
De part l’explosion de la pauvreté et des progrès technologiques, les industriels de l’époque ont vite compris l’intérêt qu’ils pouvaient tirer des jeunes enfants : leur courte taille, leur frêle silhouette et leurs petites mains étaient une véritable manne pour optimiser le travail dans les mines et les fabriques, ces derniers pouvant se faufiler quasiment partout et/ou assembler de petites pièces.
Bref, vous l’aurez compris, l’éducation repasse au dernier plan, place au travail.

Le niveau de vie change

Au cours des époques précédentes, une famille parvenait seule à pourvoir à tous ses besoins : cultures, couture, soins... chaque membre de la famille avait une responsabilité et s’y tenait. Les enfants disposaient donc d'un temps libre qui était consacré à leur instruction. Mais à partir du XIVème siècle, le visage de l’Europe change. La France traverse des aléas gouvernementaux, le monde de l’industrie explose... De fil en aiguille pour les familles, le coût de la vie augmente. Les parents se voient contraints de travailler davantage et, conséquences d’un progrès qui ne sait plus s’arrêter, de plus en plus durement. Acculées et prises à la gorge, parfois soumises au chantage odieux de leurs employeurs, les parents les plus démunis décident donc de prendre avec eux leurs enfants sur leur lieu de travail. En portage pour les tout-petits, en petite aide de camp pour ceux en âge de marcher. Ces derniers ne sont plus considérés comme des enfants, mais bel et bien comme de la main d’œuvre soumise au bon vouloir du gestionnaire des lieux, sans pouvoir bénéficier de la protection de leurs parents. Les premières conséquences sur la santé et l’espérance de vie de ces jeunes enfants sont immédiates : la chaleur, le charbon, l’air pollué, la crasse, le bruit... ces derniers tombent vite et gravement malades, souvent emportés sans avoir eu les moyens d’être soignés.
Les conditions de travail, largement inhumaines et dangereuses, vont bien vite être comparées par les intellectuels de l’époque à de l’esclavage.
Enfin, il ne faut pas croire que les enfants envoyés à l’école étaient plus chanceux. L’extrême sévérité du corps enseignant et l’usage intensif de châtiments corporels ont eu pour conséquences de provoquer une grande réticence chez les enfants à aller à l’école, aggravant de fait le taux d’illettrisme dans le pays et en Europe sur un plan plus global.

Abandons et envois en nourrice

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C’est en zones urbaines et industrielles que le niveau de vie est le plus bas. Le coût des matières premières augmente de mois en mois et il est difficile de conserver un emploi de façon durable tant les industries disposent de leurs pleins droits sur la condition de leurs ouvriers. Les familles s’appauvrissent et leurs conditions de vie (notamment à cause de la pollution) deviennent de plus en plus invivables pour ces populations qui n’ont pas les moyens de partir. Chaque grossesse est vécue comme un drame et les abandons deviennent monnaie courante. Par exemple à Vienne en Autriche, ou un enfant sur deux est abandonné. Certains parents essaient de faire au mieux, en envoyant leur progéniture à la campagne, en nourrice. Cette solution ne concernant pas que quelques cas isolés, puisque peu avant 1800, ce sont près de 95% des nouveaux nés de France qui sont envoyés loin de leur famille. Et encore 41% en 1869. Vous m’avez bien lue, il y a seulement un peu plus de 150 ans...

La plupart des familles fait cependant la démarche de retrouver leur bambin quelques années plus tard, mais bien souvent ces derniers sont portés disparus ou décédés, faute de prise en charge sérieuse. Une fois encore, les chiffres indiquent que les petites filles étaient majoritairement victimes de ces abandons ou de ces carences en bons traitements.

Malgré cette époque dramatique, il faut garder en tête que les parents aimaient profondément leurs enfants et ont durement combattu pour que ces derniers puissent bénéficier de meilleures conditions de vie. C’est ainsi que, de luttes en débats, les premières lois sur la protection de l’enfance voient le jour. Ce sera Jules Ferry qui enfoncera le clou par ses lois, votées en 1881 et 1882, pour rendre définitivement l’enseignement gratuit, obligatoire et laïque. C’est aussi en 1844 que, grâce à Firmin Marbeau, les premières crèches verront le jour pour les jeunes enfants de parents ouvriers.

Progressivement, les choses vont changer pour se diriger vers l’époque que nous connaissons et qu’on appelle parfois « Le Siècle de l’Enfant ». Mais cela, nous le verront dans un prochain article !

A bientôt !


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