La Petite Enfance dans l’Histoire : les Lumières

La Petite Enfance dans l’Histoire les Lumières

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Nouvelle époque, nouveau bond en avant. Et pas des moindres puisque cette fois-ci, le statut de l’enfant progresse de nouveau. En effet nous allons traverser ensemble le grand siècle des Lumières. La petite enfance commence cette époque, qui débute au XVIIème siècle, en jouissant d’un nouveau regard porté par les adultes. Ces derniers voient désormais les premières années de vie de leurs tout-petits comme une période d’espérance pour le futur, l’innocence et l’espoir. C’est ainsi que les premières actions en faveur de l’enfance verront le jour, comme la création de l’Hôpital des Enfants Trouvés, en 1638 par Saint Vincent de Paul. Une initiative qui sera alors très rapidement suivie par les plus grands royaumes d’Europe.

Un siècle qui porte si bien son nom

Comme le mentionne Jacques Gélis, lors d’un chapitre de l’ouvrage « Soins, corps et langage : en clinique périnatale », édité en 2020 et axé sur les questions de l’enfance, la façon dont sont traités les jeunes enfants est l’un des indicateurs majeurs des comportements aux sein d’une société. C’est à la suite de ces propos qu’il évoque la pleine apparition et prise de conscience de l’absolue importance des relations « bébé-parents, enfants parents ».
Ces nouveaux questionnements qui bouleversent le XVIIème siècle sont en premier lieu dûs à la publication du livre « Pensées sur l’Éducation » (1693), du philosophe John Locke. Un recueil de lettres bienveillantes adressées à un ami pour l’aider à prendre soin de son jeune fils qui vient de naître. Bien que célibataire et sans enfant, il décida de prôner des principes d’éducation basés sur la tendresse et le jeu ainsi que le refus des châtiments corporels. Un visionnaire ?
Mais ce déclic des familles prendra une seconde impulsion lors de la parution du non moins célèbre ouvrage de Jean-Jacques Rousseau : « Émile, ou de l’éducation ». Les premiers tomes relatant l’éducation d’Émile, un jeune garçon fictif. Si certains connaisseurs soupirent du succès de cet ouvrage, Rousseau étant le père de 5 enfants qu’il a abandonnés, aujourd’hui encore cette œuvre fait figure de phare dans le monde de la pédopsychologie.

De nouveaux principes

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Ces nouvelles recommandations sont aux antipodes des habitudes que les parents (et nourrices) avaient adoptées pour les soins des très jeunes enfants. Il n’est désormais plus question de miser les premiers apprentissages sur des bases dites « académiques », mais d’encadrer le plus soigneusement possible les premiers mouvements de l’enfant. Ainsi, il est définitivement mis fin à l’emmaillotement et à la privation du moindre geste. La nature ne doit pas être contrariée. Si le tout petit bouge instinctivement, il faut dorénavant le laisser faire et veiller à sa sécurité. La mortalité infantile étant de plus en plus scrutée, afin de tenter de l’expliquer et par ricochet de l’éviter, John Locke recommande à ce que les tout-petits ne soient pas habillés trop chaudement et de laver leurs pieds chaque jour à l’eau froide. Afin d’habituer leur organisme aux basses températures et ainsi augmenter leur résistance face aux hivers rudes ou aux pluies diluviennes. N’oubliez pas qu’à cette époque, on mourrait facilement d’un rhume. Encore plus édifiant, son ouvrage aborde des conseils qui n’ont encore jamais été abordés dans le soin des enfants : de la qualité du couchage, aux meilleurs cycles de sommeil ou encore la diversification alimentaire... Chaque sujet est le résultat de longues recherches et de constatations. Autre principe marquant : cet ouvrage prône une éducation égale tant pour les garçons que pour les filles, hormis peut-être l’éducation physique, recommandée plus rare pour ces dernières afin de ne pas porter atteinte à leur physique. Du progrès, mais encore avec quelques trains de retard.
En outre, afin de renforcer l’amour filial, les deux auteurs s’accordent sur le fait qu’il n’est pas indispensable de confier l’enfant à une nourrice, et certainement pas pour l’allaitement. Plus habilement, le facteur économique aura été employé en guise d’argument pour se défaire de cette ancienne pratique. Le gain financier étant considérable pour les familles modestes qui peuvent désormais se passer d’une nourricière. C’est d’ailleurs à partir de cette époque que les historiens notent une forte baisse du taux de mortalité infantile.
Ainsi, à la moitié du XVIIème siècle commencent à fleurir de plus en plus de marques de tendresse dans les relations parents-enfants. Ces derniers étant plus fréquemment représentés lors de portraits de familles, soumis à des gestes d’amour immortalisés sur des toiles que nous pouvons encore admirer de nos jours.

Autre petit changement, et non négligeable : le marché du divertissement des enfants explose. Si ces derniers étaient voués aux lectures religieuses pendant de nombreux siècles, de nouveaux genres littéraires commencent à éclore dans le monde de l’édition : les contes, les fables et autres récits merveilleux dédiés aux enfants. Pas moins de 84 volumes de contes pour enfants seront publiés en l’espace de 50 ans, dont le très célèbre « La Belle et la Bête » de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont. Ce qui est un nombre considérable pour l’époque.

Mais si tout semble partir sur d’excellentes nouvelles bases, le monde de l’enfance va de nouveau connaître un recul durant la prochaine période que nous verrons ensemble : la Révolution Industrielle.


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