Le tabagisme et les enfants

 Le tabagisme et les enfants

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Dit comme ça, le titre à l’air d’un conte. Mais dans la réalité, il ne fait qu’annoncer un article de plus pour expliquer et faire comprendre à quel point les résidus de fumées de cigarettes sont extrêmement nocifs pour les plus jeunes. Ce billet s’inscrit dans notre série visant à mettre en lumière les nombreuses maltraitances infantiles qui continuent de graviter d’un continent à l’autre. Car, aussi démesuré cela puisse t’il paraître, infliger un tabagisme passif à des enfants requiers plus de la maltraitance que de la simple négligence.
Et nous allons vous expliquer pourquoi.

Les bases

Commençons ici pour les retardataires. Dès la grossesse, le tabagisme, actif ou passif, capitalise des risques de plus en plus élevés à mesure que le fœtus est exposé aux fumées de cigarettes/cigares et autres substances à inhaler. Pour ces derniers, les dangers sont multiples : naissance prématurée, hypotrophie, altération de l’odorat après la naissance et lors de sa croissance, asthme.
La nicotine, dont les effets dévastateurs ne sont plus à présenter, et ses métabolites, passent dans le liquide amniotique. Si le tabagisme de la mère est actif, leur empreinte se démultiplie.
Plus grave encore, selon une étude menée par des chercheurs de l’Université de Sherbrooke au Canada, les fumées peuvent causer la diminution voire la destruction de la protéine CFTR (de l'anglais cystic fibrosis transmembrane conductance regulator), et donc être la cause de certains cas de mucoviscidose. « D’ici à entraîner une telle pathologie... la conclusion peut paraître osée. Toujours est-il que la moindre expression de cette protéine « pourrait contribuer aux manifestations cliniques observées chez bon nombre de fumeurs », et que l’on retrouve dans la mucoviscidose : toux, expectorations, bronchites bactériennes répétées notamment. Sans compter que cette protéine pourrait aussi être en cause dans la survenue de la broncho-pneumopathie obstructive chronique (BPCO), une pathologie qui affecte de très nombreux fumeurs. », peut-on lire sur la revue internationale « Médecine/Science N°1 » – Vol.23.
Même si tout cela peut sembler alarmiste, face à la santé de nos enfants aucun risque c’est permis.
Si vous êtes enceinte et que vous souhaitez arrêter de fumer, parlez-en avec votre médecin et rendez-vous sur le site de Tabac-Info-Service.fr, également susceptible de vous venir en aide.

Les résidus de fumées

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L’erreur la plus couramment répandue est de croire que seule une cigarette allumée à l’instant T par ou devant une femme enceinte est néfaste pour son fœtus. C’est faux !
Chaque fumée de cigarette contient plus de 4000 résidus qui ne se dissipent pas après quelques secondes passées la fenêtre ouverte. Pire encore, les ventilateurs, appareils de climatisation et VMC sont des facteurs aggravants pour la stagnation de ces résidus.
Arsenic, nicotine, ammoniac, benzène, cadmium, cyanure d’hydrogène, goudron, monoxyde de carbone ou encore oxyde d’azote... plus de 50 substances cancérigènes et mortelles font partie de ce groupe de 4000 qui vont se répandre dans la pièce où les émanations auront eu lieu. Invisibles à l’œil nu, ces corps chimiques ne vont pas se contenter de laisser une vague odeur de tabac froid dans l’air ambiant. Les toxines vont imprégner chaque textile se situant dans la pièce e se déposer un peu partout sous la forme d’une très fine couche de poussière.
Une étude relayée par le Figaro Santé fait état que seulement « 65 % des non-fumeurs et 43 % des fumeurs sont conscients que « respirer l'air d'une pièce où des gens ont fumé la veille peut avoir des effets néfastes sur la santé des enfants ».

Fort heureusement, l’apparition du décret 2006-1386 du 15 novembre 2006 visant à étendre l’interdiction de fumer dans tout lieu public à pu porter des fruits inattendus puisque depuis lors déjà plus de 53% des fumeurs en France ont fait de leur domicile une zone sans tabac et 21% ont mis en place des règles à ce sujet.

Alors que faire ?

Taper sur les doigts des fumeurs, les stigmatiser, ne fera en rien avancer le problème (car après-tout, l’éducation positive et la bienveillance n’existent pas que pour les enfants).
Au mieux : ne pas fumer à proximité ou dans l’espace occupé par un enfant, et ce qu’importe le temps qu’il sera amené à passer dans cette pièce. Veillez à aérer bien plus d’une dizaine de minute après chaque cigarette, ainsi que chaque jour son domicile pour un minimum de 10 à 15 minutes, matin et soir. Été comme hiver.

Mais s’il n’est pas constructif de traiter les fumeurs avec agressivité, il est impensable de ne pas qualifier chaque risque encouru par de jeunes enfants comme de la maltraitance.

Un fumeur est conscient de ce qu’il inhale, de ce qu’il risque. Un enfant, non. Et cela se passe de toute forme de débat.


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