Numérique : nos enfants et les écrans

Numérique nos enfants et les écrans

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Chaque année, des millions d’écrans sont vendus en France. Télévisions, ordinateurs, smartphones, tablettes, liseuses... Chaque foyer compte en moyenne cinq écrans. De ce fait, il est donc impossible pour nos enfants de ne pas céder à l’appel de l’émission colorée, d’une application de jeu rigolote, des réseaux sociaux ou encore de YouTube et sa tambouille d’influenceurs ou ses musiques entraînantes.
Mais vous comme moi savons que trop d’écrans n’est pas bon. Et encore moins sain. Mais pourquoi est-ce mauvais ? Quels sont les effets sur nos plus jeunes ?

La nounou des temps modernes

Les plus âgés d’entre nous ont tous connu l’expression de la « Nounou à tube cathodique ». Cette fameuse télévision que bien des parents débordés emploient parfois pour tenir occupés leurs enfants, le temps pour eux de gérer d’autres impératifs. Ou même dans le but d’avoir « la paix », parce qu’il ne faut pas se leurrer, certaines familles optent un peu trop allègrement pour les écrans à des fins parfois pas très justifiables. Mais là n’est pas le sujet. Non.
Ce dont je veux vous parler aujourd’hui n’a pas pour objectif de chercher à titiller la culpabilité de certains parents, chacun fait comme il peut. J’aimerais plutôt vous aider à comprendre les risques d’un mauvais usage des écrans.
Pour que nos futures générations soient en mesure de trouver d’autres stimuli que des émissions de télé-réalité qui pullulent à présent jusqu’aux plateformes de streaming.
Pour que nos enfants puissent être en mesure de préserver l’immense pouvoir d’imagination avec lequel ils grandissent.

J’ai pour exemple extrêmement parlant cette maquette de dessins liés à une étude menée en 2006 par des pédiatres allemands. En haut se trouvent des dessins créés par des enfants de 5 à 6 ans, exposés à moins d’une heure de télévision par jour. En dessous, ceux réalisés par des enfants du même âge, laissés plus de trois heures par jour devant un écran de télévision. Sachant qu’en 2006 le numérique n’avait pas encore explosé en termes de présence dans nos vies, je vous laisse imaginer le résultat si cette enquête était à nouveau menée aujourd’hui, en 2020.

Le danger des écrans pour les bébés

Il faut savoir qu’avant l’âge de trois ans, les tout-petits ne devraient en aucun cas être exposés à des écrans. De nombreux parents commettent souvent l’erreur de placer le transat de bébé non loin du poste de télévision, cela en pensant réellement bien faire. L’enfant semble plus calme, captivé. Il y a des couleurs, ça bouge, de la musique... Seulement voilà, les écrans actuellement sur le marché sont de véritables bombes à retardement pour les yeux. Les lumières bleues émises par ces derniers usent littéralement les globes oculaires. Durant la première année qui suit la naissance, les yeux des bébés se développent en douceur. Ils mettent plusieurs mois à acquérir la faculté de se dilater. Le cristallin n’est pas encore arrivé à maturité. Le simple fait d’être face à un écran nuit considérablement à la consolidation de cette lentille naturelle de l’œil. De ce fait, peuvent en découler de multiples pathologies liées à la vue, telles que la myopie, le strabisme, l’hypermétropie ou encore la presbytie.
Même si les bébés adorent ce qu’il se passe sur les écrans en face d’eux, que les parents notent que cela stimule leur mémoire, il ne faut surtout pas céder à la tentation de laisser une télévision ou un ordinateur en leur présence. Il existe des tas d’autres moyens pour occuper un bébé, lui faire découvrir des choses ludiques et l’aider à développer sa motricité, tant gestuelle qu’oculaire.
Sachez par ailleurs qu’il en va de même concernant la lumière. Restez toujours en vigilance vis-à-vis de l’exposition des très jeunes enfants face à la lumière, naturelle ou non.

Trop d’écrans : risques et conséquences

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Les enfants subissent de plus en plus de la révolution du numérique, qui apparaît jusque dans leur chambre. Les tablettes ont depuis peu détrôné les jouets classiques. Une récente étude menée en Amérique du Nord dévoile que ces enfants subissent un retard de langage face à leurs petits camarades dont l’exposition aux écrans est restreinte. L’étude évoque également un fait terrible : au-delà d’une heure par jour sur tout écran confondu, chaque heure supplémentaire diminue les capacités scolaires et intellectuelles de l’enfant. Ce dernier commence à souffrir d’un fort défaut de concentration, que bien des familles mettront sur le compte de l’hyperactivité. En Angleterre, un autre travail de recherche à mis à jour que les enfants surexposés développent de graves troubles émotionnels, jusqu’à même une dépression infantile. Cette étude a été menée sur plus de 42.000 enfants allant de 8 à 15 ans.
Enfin, l’une des conséquences les plus terribles est la dépendance. Les enfants soumis sans limites aux écrans sont plus agressifs et sujets à des actions violentes ou encore de l’impulsivité en cas de frustration qu’ils auront de plus en plus de mal à gérer. Ils deviennent passifs et hermétiques au monde qui les entoure. En véritable rupture avec leur propre vie.
Si les jeux-vidéo sont trop souvent pointés du doigt, il convient d’être honnête et de reconnaître que, bien choisis et contrôlés par les parents, certains jeux participent à un développement positif de l’enfant : faculté de mémorisation augmentée, accroissement du vocabulaire, meilleure réactivité, intérêt pour la culture générale. On note également que des émotions deviennent plus accrues telles que l’empathie, la bienveillance, la patience. Certaines sociétés, telles que Nintendo, éditent de très nombreux supports pédagogiques, élaborés par des médecins et pédiatres, à partager en famille.
Car concernant la question très animée de l’approche vidéoludique chez les plus jeunes, il faut savoir que la responsabilité n’appartient pas entièrement au développeur, mais bel et bien à la famille, aux parents qui achètent et mettent entre les mains de leurs enfants consoles, smartphones et autre contenu virtuel. Tout cela en prenant en considération ou non la classification PEGI indiquée pour chaque produit. J’ai pour exemple le jeu dénommé Fortnite, qui est classé PEGI13 (interdit aux moins de 13 ans) où malgré cela des enfants d’à peine 8 ans se disputent en duel armé contre des adultes de plus de 40 ans. Le classement PEGI permet d’évaluer un jeu et son contenu, s’il contient de la violence, et l’âge à partir duquel l’enfant est en droit de jouer. Pour l’exemple du jeu cité précédemment, cette plateforme impose aux joueurs un esprit de compétition démesuré. Une écrasante majorité d’enfants y ayant accès font la démonstration d’une attitude agressive et autoritaire souvent déplorée.

Je ne vise pas le jeu en lui-même, mais l’usage qui en est fait. Cela marche pour tout support ou activité : le danger et les dérives peuvent être évités à partir du moment où la vigilance et le contrôle des parents sont rigoureux.
L’idée n’est pas non plus d’interdire à vos enfants l’accès aux écrans, il est même encouragé de les inscrire à des petits ateliers de codage afin de leur permettre de mieux maîtriser ces nouveaux outils.

Savoir reconnaître sa responsabilité

En résumé, la pleine et entière responsabilité liée à ces dérives revient aux parents. S’il n’est donc pas sain physiquement pour un bébé d’être soumis aux écrans, il en va de même pour son développement psychologique et intellectuel tout au long de sa croissance. Et c’est aux parents que revient cette lourde tâche, indispensable pour leur bien-être, qu’est de veiller au contenu mis à leur disposition ainsi que la durée d’exposition.
Une heure par jour. Pas plus. Idéalement moins. Que ce soit sur la télévision, l’ordinateur, la tablette ou un smartphone. Une heure.
Le reste du temps, jeux de société, livres, promenades, travaux manuels, activités de création, rédaction d’une histoire, de poèmes, discussions... Il existe des dizaines de choses à faire sans avoir à se servir d’un écran. Si ça n’est pas pour votre tranquillité personnelle, dites-vous que c’est pour son bien-être à lui. A sa condition d’enfant.


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