Maltraitance infantile : quels sont les signes ?

Maltraitance infantile quels sont les signes ?

155708167297492.jpg

Un enfant assassiné tous les cinq jours en France. Oui, tous les cinq jours un enfant meurt sous les coups de l’un de ses parents, voire des deux.
Nous pensions que notre pays était à l’abri, le mieux possible, de ces horreurs. Qu’un tel chiffre « Ça ne se passe qu’à l’autre bout du monde » et puis « Qu’on n’en entend pas beaucoup parler ». Mais la réalité vient de nous rattraper, tombant avec la froideur d’un couperet sur nos œillères : un enfant meurt sous les coups de ses parents tous les cinq jours dans notre pays.



Comment cela se peut ? Comment, dans un pays avec de telles batailles pour la liberté et la sécurité de ses concitoyens tel que le nôtre, avons-nous pu passer à côté d’une telle réalité ? Je n’aurai pas le calibre, à mon petit niveau, de vous l’expliquer. Mais s’il y a bien une chose qui est en mon pouvoir, c’est de vous aider à votre tour, à reconnaître les signes pour déceler des cas de maltraitance infantile. Que vous soyez enseignant(e), Atsem, professionnel(le) de la Petite Enfance ou simplement « baby sitter », chaque jour votre quotidien est ponctué de rires d’enfants. Les petits camarades accompagnant les vôtres, ceux de vos proches, vos voisins, ceux avec lesquels vous travaillez... Mais ces rires sont-ils pleinement épanouis, ou ne sont-ils qu’une muraille pour protéger un secret qu’ils ne comprennent pas eux-mêmes ?

Nous faisons un point pour vous aider à réagir en cas de besoin.


Maltraitance : définition

Qu'elle se produise à l’encontre d’un enfant ou d’un adulte, la maltraitance peut prendre plusieurs formes : psychologique, physique, sexuelle... Partant de carences affectives envers l’enfant pouvant aller jusqu’à des actes physiques d’une extrême gravité, ces dernières sont la cause directe de conséquences lourdes sur le développement de l’enfant. Tant sur le plan psychologique que physiologique et, dans trop de cas, la mort.

Un drame qui ne dit pas son nom

En France, comme dans bien des pays, la maladie, la mort et la souffrance infantiles font l’objet d’un véritable tabou. Il n’existe pas de terme pour désigner un enfant souffrant de violences, il n’existe pas de terme pour désigner les malheureux parents ayant perdu un enfant. Depuis toujours il règne sur l’enfance un champ lexical lié à la pureté, la joie, le bonheur et l’insouciance. Comme si la mort et la violence ne pouvaient pas atteindre ces innocents et que dans l’inconscient collectif, cela n’existait pas. Une récente étude de l’association L’Enfant Bleu – Enfance Maltraitée publie des chiffres criants de vérité : 14% des français déclarent avoir subi des maltraitances durant leur enfance, 60% d’entre eux ne se sont jamais confiés à ce sujet. Pire encore : 45% des français soupçonnent un cas de maltraitance dans leur entourage. Parmi ces personnes, seulement 39% s’adressent directement aux responsables légaux de l’enfant, 12% vont contacter les services sociaux, 5% la police et 1% vont composer le 119... Une véritable chape de plomb posée sur ces cris silencieux.
Mais vous, vous pouvez aider à faire avancer les choses.

Quels sont les signes ?

Il existe trois catégories de signes pouvant éveiller vos soupçons en votre qualité de professionnel(le) de la Petite Enfance. Bien que certains peuvent êtres inédits et ne jamais se répéter, il ne faut pas hésiter à vérifier si ces deniers, pouvant être associés entre eux, ont une certaine récurrence dans le temps.



155708167338834.jpg
Signes physiques :
→ Traces sur la peau, éruptions cutanées, brûlures, hématome(s), griffure(s), morsure(s),
→ lésion(s), fracture(s), plaie(s).
→ Douleurs articulaires, musculaires, au dos, au ventre, à la tête, vomissements, fatigue.
→ Douleurs ou démangeaisons sur les parties génitales.
→ Absence de soins visible (hygiène douteuse, vêtements pas adaptés, manque de soins médicaux...).

Signes émotionnels :
→ Mélancolie, tristesse, pleurs fréquents et parfois inexpliqués.
→ Développement de peurs et phobies nouvelles ou exacerbées, angoisses.
→ Agressivité, colères, opposition marquée, violences physiques, conduites à risques.
→ Isolement, détachement, solitude, refus de jouer, aucun amusement.
→ Recherche d’attention, d’affection, de tendresse, régression comportementale (agir comme un bébé).
→ Apathie, mutisme, passivité, torpeur.
→ Excessivité dans l’observation, l’autonomie, l’état d’alerte.

Signes comportementaux :
→ Trouble de l’attention.
→ Troubles alimentaires : anorexie, boulimie, perte d’appétit.
→ Troubles du sommeil : Cauchemars, réveils nocturnes, difficulté à s’endormir, pipi au lit (énurésie).
→ Troubles de l’apprentissage : absentéisme et/ou baisse du niveau scolaire, retard par rapport à ses petits camarades, régression des acquis (langage, propreté...).
→ Rejet de l’adulte, hostilité, indifférence, négativité.
→ Dans l’attente d’un châtiment corporel en cas de « bêtise ».
→ Mimétisme de scènes ou d’actes de violences physiques ou sexuelles, envers lui, un jouet ou encore un(e) petit(e) camarade.
→ Discours violents ou à connotation sexuelle.



Qui alerter ? Quand ?
En premier lieu, et comme l’association L’Enfant Bleu – Enfance Maltraitée le recommande, il vaut mieux signaler des soupçons, au risque de se tromper, plutôt que de laisser un enfant continuer de souffrir et risquer sa vie. En dehors de toute dénonciation calomnieuse dans un but malveillant à l’encontre des parents, si vous vous trompez, vous ne risquez rien.
Ne faites JAMAIS part de vos soupçons aux personnes que vous soupçonnez le plus.
Il convient de prendre contact avec l’un des organismes suivants :
** Le 119 : le Service National d’Accueil Téléphonique de l’Enfance en Danger. Numéro gratuit qui pourra faire remonter l’information après étude des faits énoncés et faire intervenir la Cellule de Recueil des Informations Préoccupantes de votre département en cas de besoin et qui ouvrira un dossier dans tous les cas.
** Les services sociaux de votre ville.
** Les services de police ou de gendarmerie de votre ville.
** Un courrier au procureur de la république du lieu où se sont déroulés les faits.
** Un signalement à l’organisme le plus proche grâce à l’appli #AlerterPourSauver.
Votre signalement, y compris par écrit, restera anonyme. Vous devez néanmoins indiquer les informations suivantes :
Les noms, prénom, adresse de l’enfant. Le nom de ses parents ou tuteur légal, son âge et son établissement scolaire le cas échéant. Le nom et l’adresse des parents peuvent suffire si vous n’avez pas toutes les informations à votre portée.
Dans tous les cas vous devrez rapporter, le plus précisément possible :
Les propos de l’enfant, les actes dont vous avez été témoin, son comportement, les éventuelles constatations physiques, le comportement des adultes envers cet enfant. Tous les faits susceptibles de mettre en lumière une potentielle maltraitance. Cela va demander du temps, vous devez en avoir conscience. Une enquête préliminaire aura lieu via les services de police ou de gendarmerie. Suite à cela, le Procureur décidera des actions à entreprendre : un classement pour insuffisance d’éléments, engager des poursuites contre l’auteur supposé des infractions sur l’enfant (ou le mineur un peu plus âgé), saisir le juge des enfants.


Un réel manque d’agents spécialisés au cœur de ces structures provoque malheureusement de bien trop nombreux cas de maltraitances non révélés au grand jour et ainsi la réalité tragique de ce chiffre alarmant que je vous rappelle : un enfant meurt tous les 5 jours sous les coups de ses parents.
Mais cela ne doit pas décourager votre vigilance, votre attention, votre responsabilité envers ces petits êtres qui font le cœur de votre métier.
S’il n’existe encore aucun mot pour définir ces maux qui brisent trop de vies, ce fléau qu’est la maltraitance infantile, nous ne pouvons pas, néanmoins, oublier celui-ci : ces enfants sont et restent des Victimes.




La plaquette du centre de Victimologie pour les Mineurs (CVM) – Cliquez pour télécharger


← Retour

Si vous souhaitez publier un commentaire sans vous identifier, vous le pouvez en cliquant dans le champ "Nom" ci-dessous, puis en cochant la case "Je préfère publier en tant qu’invité". Seuls un nom d’utilisateur et une adresse email vous seront alors demandés.

Tous les commentaires sont soumis à la modération de l’équipe d’administration du site.