Phase d’opposition de l’enfant : Quand c’est non, c’est non !

Phase d’opposition de l’enfant Quand c’est non, c’est non !

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On sort du bain ? « Non ». On va manger ? « Non ». On va se coucher ? « NON ! ». Elle est là. Vous l’aviez redoutée, vous ne vous êtes pas préparé.e.s et vous voici ici, à lire ces quelques lignes, telles un manuel de l’adulte en panique pour vous aider à survivre à l’implacable PHASE D’OPPOSITION.
Quand arrive t’elle, et quand finit elle ? Et comment y faire face ? Suivez le guide !

Quand ? Et pourquoi ?

Source de tensions, ce rapport de force entre en scène dans la sérénité familiale peu après l’âge de deux ans et peut s’étirer jusqu’à l’âge de cinq ans. Tout d’abord, on range sa colère, la phase d’opposition du jeune enfant n’est pas là dans un but de contradiction ou d’entrée en conflit avec les adultes, contrairement à ce que l’on est tenté de croire. Nous, les adultes, avons d’aussi loin que remontent nos souvenirs, une routine, des obligations quotidiennes, qu’on ne peut pas esquiver. Le jeune enfant, sa vie n’est que découvertes, apprentissages, jeux et plaisirs. N’oubliez pas, c’est à partir de ses deux ans que l’enfant commence à acquérir et découvrir les joies de l’autonomie en pouvant aller là où il veut, faire les gestes qu’il veut, expérimenter de nouvelles choses avec le langage. C’est donc à ce même moment qu’entre la phase du « non ». Mais j’insiste, il ne s’agira pas là de provocation, mais d’égocentrisme juvénile.

Souvenez vous, l’enfant commence à prendre pleinement conscience du « Je » et de ses différences avec les autres à partir de l’âge de 5 ans, et de facto de l’indépendance des autres face à lui. Avant cela, pour lui, le monde et les gens ne forment qu’un grand tout. De ce fait, il ne peut pas avoir conscience des obligations des personnes qui prennent soin de lui. L’expression du « non » ne représente en réalité qu’un besoin insatisfait, ou, dans certains cas, un manque de confiance ou de la peur, mais ce cas de figure s’appliquera essentiellement pour les enfants plus âgés (aux alentours de 4 ans). Si parfois ce refus se mue en colère, en pleurs, n’y voyez toujours pas de caprice, mais une incapacité (temporaire) à relativiser et à comprendre vos propres impératifs vous amenant à lui proposer d’interrompre une activité pour passer à une autre. Par exemple sortir du bain pour aller dormir.

Maîtrisez vos émotions

Ce sera alors à votre tour de vous servir d’une réaction que votre enfant n’a pas encore acquise : relativiser. Gardez en mémoire que son attitude n’est pas mise en œuvre pour vous contrarier. Dans tous les cas, même en disant « non », en pleurant, le tout petit fera malgré tout ce que vous lui demandez de faire. Ce sera juste réalisé dans une ambiance mélodramatique, mais c’est tout à fait gérable. Il va vous falloir garder votre calme, être patient.e et ne pas vous formaliser.

En revanche, il ne faudra ni vous mettre en colère, ni céder. Il ne faut pas non plus vous livrer à la tentation de la récompense : « Si tu t’habilles sans faire d’histoire, je vais t’acheter un jouet ». Pourquoi ? Parce que le jeune enfant doit expérimenter et apprendre à supporter et gérer les frustrations éducatives et quotidiennes. Vous devez garder votre assurance et ne pas vous montrer déstabilisé.e, même si cela peut sembler éprouvant.
Ne vous laissez pas non plus tenter par des explications sans fin, des négociations. Votre enfant est dans un processus éducatif. Il n’est pas votre ami ou un voisin un peu envahissant. Céder, trouver des compromis, c’est enrayer son apprentissage du respect de l’autre et des impératifs du quotidien.

Mais comment faire alors ?

Puisque le rapport de force ou la concession ne sont pas possibles dans cette période transitoire, il va bien falloir trouver des solution pour rendre cette période (de presque deux ans, tout de même) un peu plus facile à vivre pour tout le monde.

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Car non, le jeune enfant ne prend aucun plaisir à être contrarié et contrariant, encore une fois, balayez toute idée de malice.
Les pros de la petite enfance ont planché sur ces questions depuis des années, et sont tombés d’accord sur une méthodologie permettant d’adoucir la situation, voire d’anticiper d’éventuelles crises : responsabilisez l’enfant. Donnez lui la possibilité de disposer d’un choix, d’une marge de manœuvre. Par exemple : « Il va être l’heure d’aller au lit, tu préfères quelle histoire pour ce soir ? » en lui présentant deux livres différents (et pas un quelconque dessin animé, les écrans étant un facteur d’excitation empêchant le sommeil). Si ça bloque, offrez lui un troisième choix moins agréable : « Alors tu préfères te coucher tout seul et sans une histoire avant ? Non plus ? Alors tu dois choisir un livre ».
Une marche de manœuvre oui, la possibilité de n’en faire qu’à sa tête non.
Si ça coince trop, n’hésitez pas à lui accorder un moment de câlin, qui aura pour effet d’apaiser son stress et sa contrariété. Câlin que vous pourrez prolonger en le portant jusqu’au lit et, à nouveau, lui laisser le choix d’une histoire à lire ensemble pour l’aider à s’endormir paisiblement.

L’astuce réside dans l’anticipation. Si vous sentez que certains moment de votre routine familiale sont toujours compliqués, anticipez. Dans tous les cas, l’enfant doit aller dormir, manger, sortir de son bain. Aussi n’hésitez pas, prévenez le ! « Dans X minutes, il sera temps d’aller manger, mais pas plus tard ». Ainsi, vous diminuez la frustration. Elle sera de la partie, mais moins soudaine. Au moment de passer à l’action, prévenez encore et donnez lui une petite responsabilité « Voilà, c’est l’heure de passer à table, tu veux utiliser quel verre ? Quels couverts ? ».
Faites le participer !

Et à chaque fois que les choses se font de façon fluide du premier coup, félicitez le ! Les enfants aiment les encouragements, ne les en privez pas !


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